Kamba est passé à l’Oasis

 

Chers amis,

Nous avons quitté Kaya et l’Oasis des enfants hier vendredi après avoir passé 3 jours pleins sur place avec l’idée de faire le point de la situation dans le cadre de réunions et d’échanges tant avec l’encadrement qu’avec les nounous. Théodore en déplacement avec des partenaires ayant pu, néanmoins, nous rejoindre “in fine” pour faire le bilan de ces journées.

Notre première et positive impression du 2 novembre s’est confirmée et doublement confirmée par les regards extérieurs :

– celui du juge des enfants du tribunal de Kaya, venu sur place lors de l’admission d’un enfant de 2 ans placé de façon temporaire dans le cadre de la protection de l’enfance, impressionné par la qualité de l’accueil réservé à la mère comme à l’enfant qui a permis une séparation sans violence et raisonnée, l’enfant ayant pu “accepter” cette séparation presque “en confiance”. L’autre regard, celui d’un partenaire français de l’Oasis qui ne reconnaissait pas la pouponnière tant tout y est changé. A notre retour en France, nous vous enverrons quelques photos qui illustrent bien cette métamorphose.

Il est vrai que bien des choses ont changé en moins de 2 ans. Hygiène et propreté bien sûr mais aussi dans la manière même d’être et de faire des nounous  avec les enfants. Avec également les premiers aménagements d’espaces sécurisés et adaptés aux différents âges favorisant leur autonomie et leur développement.

Voilà pour l’impression générale que nous souhaitons souligner, tout en sachant que rien n’est jamais acquis une fois pour toutes et qu’il reste à faire et à parfaire. Tout doit être fait pour l’accueil de ces enfants placés, séparés de leur mère dans un contexte de violence (abandons, parfois sous la pression sociale, enfants “trouvés’’, etc.) afin qu’à la violence de la séparation ne s’ajoute le risque de carences affectives durables et irréversibles pour l’enfant.  Et là, force est de reconnaitre que les services sociaux comme le juge semblent en confiance avec l’Oasis des enfants lorsque ces cas surviennent.

bachira

Notre travail durant ce court séjour a été de faire un point de situation afin de rechercher ensemble les formes possibles d’accompagnement de l’équipe à même de parfaire leurs pratiques et de conforter les acquis. Et sur ce point notre engagement reste bien sûr entier. En effet tout le sens du” prendre soin” et par là de sa difficulté est de permettre aux enfants de trouver au travers de l’autonomie le chemin de leur développement et de leur épanouissement. Ainsi, l’attitude de l’adulte requiert une attention constante où l’observation se substitue à l’intervention. Notre méthode de travail avec les cadres de la pouponnière et l’équipe de nounous a consisté en une réflexion collective à partir d’une séquence du film “, Loczy, une école de civilisation” tourné en 2014 à Budapest. La transformation récente de la pouponnière d’Emmi Pikler en crèche collective donne à voir et mieux comprendre les enjeux et l’intérêt du “prendre soin de l’enfant” initié et développé par cette pédiatre.

Le film a donc servi de support pour appréhender les acquis, les conforter et mesurer, le cas échéant, ce qu’il reste à faire en même temps que l’équipe s’engageait à prendre des résolutions (au nombre de 3) à même d’améliorer telle ou telle pratique.

Venons en maintenant aux interrogations que vous vous posez, avec au préalable 2 précisions d’importance concernant :

– d’une part, l’effectif des personnels qui reste plutôt stable pour 9 d’entre elles : Edwige, Alimata, Honorine, Justine, Rasmata, Suzanne et Véronique et Beatrice  qui partie en congé sans solde pour la naissance de son bébé réintègrera l’équipe début 2018. Nathalie actuellement à l’Efape rejoindra l’équipe en mars prochain. Les deux autres nounous ‘Marcelline et Naomie ont quitté l’Oasis pour des raisons personnelles. 

– d’autre part, l’effectif des enfants qui en moins d’une semaine est passé de 11 à 14, avec l’arrivée de 2 nouveau-nés en période néonatale (âgés respectivement de 2 jours et 7 jours et d’un enfant de 2 ans) Insistons sur la nécessité d’un personnel hautement qualifié pour prendre en charge ces tout petits bébés, vulnérables plus que quiconque et la permanence d’une ou deux places disponibles pour les accueils en urgence de ces enfants en danger vital.

Voilà ce que nous pouvons faire passer de nos quelques jours à Kaya.